Histoire de Marie Galante : DécouverteVous êtes ici : Antilles> Marie Galante> Découverte : Histoire Découverte de Marie Galante : HistoireHistoireL’archipel de la Guadeloupe fait connaissance avec Christophe Colomb au cours de son second voyage, qui débuta de Cadix le 25 septembre 1493 accompagné de 17 navires et de 1 200 homes. Marie-Galante est la première à l’accueillir, le 3 novembre 1493, avant la Guadeloupe et la Dominique. Après avoir célébré leur première messe, planté la croix et la bannière royale, les conquistadors prirent possession de l’île au nom de la couronne de leur pays et la baptisèrent « Maria-Galanda », nom de la caravelle de leur chef, Christophe Colomb. Les Espagnols, assimilant sa forme à un chapeau, la surnommèrent « l’île sombrero ». Quand aux populations amérindiennes de cette île, elles lui avaient donné le nom « d’Aulinagan » signifiant dans leur langue « terre à coton ». Plante qu’ils cultivaient dans le jardin appelée « ichali » et qu’ils échangeaient contre des poteries et des haches en pierre polie avec les autres Caraïbes occupant les Petites Antilles depuis le IXe siècle (Dominique, Martinique et Sainte-Lucie). Les autochtones étaient sans doute loin de deviner qu’ils allaient accueillir leurs exterminateurs un siècle et demi plus tard. Ce n’est qu’en 1648, treize ans après la colonisation de la Guadeloupe, que Marie-Galante fut occupée sur l’ordre du gouverneur Charles Houel, qui installa une colonie de cinquante hommes à Vieux-Fort. Ils y cultivèrent le tabac, le coton, l’indigo et le raisin. Cependant, la cohabitation entre les colons français et les indigènes fut mouvementée ; les luttes se succédèrent. La « plage du Massacre », à Vieux-Fort, fut le théâtre de très violents combats qui opposèrent les Caraïbes aux colons. En 1653, en représailles à un viol collectif perpétré par des colons martiniquais dans un village de la Dominique, les Caraïbes massacrèrent tous les colons de Vieux-Fort et « décorèrent » la plage des têtes de leurs victimes empalées sur des piques. On comprend que l’Histoire ait retenu ce nom sinistre de plage du Massacre. A la fin du XVIIe siècle, 1 276 colons furent envoyés sur l’île par le gouverneur Jacques de Boisseret, Seigneur de Témérincourt, et Marie-Galante connut une période de prospérité économique, ce qui attisa la convoitise des Anglais, des Espagnols et des Hollandais qui sillonnaient les mers de l’arc antillais. Les Anglais, qui occupaient l’île, dirigèrent leurs attaques contre la Guadeloupe en 1691, en 1703, en 1754 et en 1805. Les Hollandais, eux, se contentèrent de la piller en 1676, emportant le bétail et les esclaves. Après 10 ans d’occupation anglaise (1805-1815), Marie-Galante devint définitivement française. Toutes ces turbulences eurent pour conséquence la perturbation de l’essor économique de l’île, essor qui ne reprit que vers la fin du XVIIIe siècle et le premier tiers du XIXe siècle. En 1835, il y a avait 106 habitations sucreries quadrillant un territoire de 157 km2 avec près de 11 000 esclaves. A l’époque de la Révolution française Marie-Galante bascula définitivement dans la monoculture de la canne à sucre. La fin du XVIIIe siècle se caractérise en effet par l’abandon des cultures secondaires, moins rentables, comme le café, le cacao ou l’indigo (il y avait 86 indigoteries à cette époque) pour l’exploitation quasi exclusive de la canne à sucre, ce qui entraîna la multiplication des moulins à vent au nombre de 72 avec une trentaine de moulins à bêtes d’où le nom de « l’île aux Cent Moulins ». L’abolition de l’esclavage, qui surviendra en 1848, marquera en même temps l’apogée et le déclin de l’industrie sucrière. En 1849, des incidents violents opposeront les anciens esclaves à ceux qui étaient naguère leurs maîtres. Cet épisode sanglant appelé « les événements de la mare au punch » marquera la mémoire collective des Marie-Galantais.
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